Personne ne naît Maître et la même règle s’applique aux Esclaves.

Traduction par ADSR

Toute personne avertie dans le monde du BDSM a un jour été débutante et a dû acquérir de l’expérience. Il n’y a donc aucune raison d’éprouver un quelconque sentiment de honte lié à un manque de cette dernière. Bien au contraire, cette entrée franche dans l’expérimentation sexuelle est une phase tout à fait excitante.

Il est par ailleurs important d’apprécier cette phase. Et pour cette raison je pense que, comme la plupart des choses dans la vie, on doit s’y aventurer palier par palier sans chercher à brûler les étapes.

Comment débuter correctement ?

Premièrement, il faut apprendre à connaître ses propres envies. On les reconnaît généralement parce qu’elles nous excitent particulièrement. Dans votre esprit, vous n’avez pas besoin de considérer quelqu’un d’autre, pensez simplement à ce qui vous fait bander et vous excite sexuellement. Vous n’avez pas à éprouver de honte d’avoir ce genre de pensées, vous n’avez rien fait de mal ! (Vous pouvez trouver ici un autre de mes écrits sous le titre “Am I a pervert?”.)

Un bon début serait très certainement de vous informer sur ces sujets. Et si vous lisez ce texte, vous êtes déjà sur une plateforme où trouver ce genre d’informations.

Idéalement, une autre étape serait de pouvoir parler à quelqu’un de vos fantasmes. De là apparaissent généralement les premiers problèmes : car en dépit de tout, on ressent quand même un peu de honte d’avoir ces idées, alors, à qui devons-nous en parler ? Bien sûr, ce serait génial si vous aviez des amis qui à votre connaissance, se situent également du côté du spectre fétichiste.

Ils seraient de parfaits partenaires de conversation. Si vous avez ce genre d’amis, attendez : restez calme, ne vous précipitez pas et ayez une conversation profonde et joviale sur le sujet. Cependant, tout le monde n’a pas ce genre de personnes de confiance dans son entourage, ou du moins, pas qui possèdent des fantasmes similaires. Souvent, les garçons qui découvrent leur homosexualité pensent être seuls au monde et ce n’est que plus tard seulement qu’ils en trouvent d’autres. La même chose s’applique au fétichisme et au monde du BDSM, cette tendance est simplement beaucoup plus fréquente – et pas seulement depuis 50 nuances de Grey.

Premiers pas virtuels dans le fétichisme et le monde du BDSM.

Si vous n’avez personne de confiance dans votre entourage, rejoignez alors des chats et forums Gays. Sur des plateformes telles que Planetromeo ou plus spécialisées dans le fétichisme comme Recon par exemple. Vous trouverez très certainement des gens à qui parler.

Il y a cependant toujours des choses auxquelles faire attention. Premièrement, il s’agit de découvrir cet univers, pas de sauter dedans imprudemment en voulant être l’esclave, le maître, le chien le plus extrême ou n’importe quoi d’autre qui a toujours existé dans ce monde. C’est quelque chose vers quoi vous pourrez vous diriger plus tard, progressivement.

Il s’agit simplement de découvrir et parler de ces sujets. Vous n’avez pas à chercher l’homme de vos rêves mais plutôt quelqu’un qui possède les mêmes besoins, les mêmes désirs et une expérience similaire. L’âge n’est pas toujours synonyme d’expérience, mais vous trouverez rarement un jeune qui a déjà fait le tour du monde et découvert tout ce qu’il y avait à savoir en y ayant apporté assez de réflexion, aussi bien sur leur expérience que sur eux-même. Les mecs en manque de sexe, peu importe l’âge, sont majoritairement de mauvais partenaires de conversation. Ces personnes dont vous remarquez qu’elles ne souhaitent que vous mettre dans leur lit ou en cage le plus vite possible ne vous seront d’aucune aide dans votre situation.

Faites attention à vos “sorties” dans des chats. Je ne vais absolument pas vous conseiller de créer de faux profils, de faire semblant avec quelqu’un ou quelque chose dans ce genre. Mais si vous ne vous sentez pas à l’aise au début, vous pouvez créer un second profil dans une grosse ville à proximité ou autre part. Cependant, si vous voulez plus tard réellement vivre le tout dans le monde réel, cela vous apportera très peu de mentir. Même si les photos de votre visage sont belles, tout le monde n’a pas besoin de les voir dès le début. Si vous remarquez que quelqu’un est intéressant, et que vous pouvez lui faire confiance, vous pourrez alors toujours lui envoyer. Soyez également honnête et exprimez clairement que vous ne recherchez pas de plan pour aujourd’hui ni demain, mais que vous êtes en phase de découverte de vos fantasmes et que cela demande du temps.

Le BDSM doit être consensuel et se base sur la confiance.

C’est probablement le point le plus important de ce sujet. Ne vous laissez jamais être entraîné et pressé par quelqu’un que vous ne désirez pas, comme vous ne le feriez pas aux autres. Pour ma part, mon entrée dans le BDSM s’est faite de manière ludique et est arrivé d’une petite situation de jeu de combat avec mon ex-copain. Après m’être gentiment bagarré avec lui sur le lit, je l’ai maintenu en place avec mes jambes avant de le forcer au sexe oral. J’ai remarqué qu’il aimait ça, mais également que je ne pourrai pas aller beaucoup plus loin avec lui car il était plus vanille (conventionnel au niveau sexuel), plutôt que du type à être dans le BDSM. Bon, avec les bonnes conditions, il était prêt à faire un peu de bondage puisqu’il avait confiance en moi et appréciait ça d’une certaine manière. Mais c’est tout ce qu’il y avait, donc pour moi ça voulait surtout dire “entraînement !”, puisque tout était, comme dit précédemment, consensuel. J’ai moi-même également remarqué avec cette première expérience que j’en voulais plus. Comme je ne connaissais personne d’autre avec qui vivre ça et que je le voulais, j’ai plongé sur internet pour en parler et trouver des garçons intéressant pour réellement passer à l’action.

Après une courte période de cybersexe, j’ai fini par trouver des garçons qui convenaient. L’important est que vous sachiez ce qui vous attire, quelles sont vos limites, ce que vous pouvez imaginer, et surtout, ce que vous ne POUVEZ PAS imaginer. Une fois de plus : parlez avant de vous rencontrer et de passer à l’action. Le mieux étant de se rencontrer en premier en terrain neutre pour boire un coup, pas pour un plan. De cette manière vous apprenez à connaître la personne et à l’évaluer. Laissez les vous raconter leurs idées, leurs expériences, ce qu’ils aiment et leurs limites également. C’est très souvent compliqué d’écouter quand vous avez enfin trouvé quelqu’un pour en parler, mais c’est important. Gardez aussi à l’esprit que certains sont de très bons acteurs et manipulent les mots et émotions pour vous dire ce que vous voulez entendre. Prenez votre temps, vous pouvez vous rencontrer plusieurs fois avant même de considérer passer à l’action.

La sécurité d’abord !

Si vous avez convenu d’un rendez-vous pour une session mais que vous ne vous sentez pas à l’aise ou n’avez pas encore assez confiance en votre partenaire de jeu, n’hésitez surtout pas à annuler. Soyez tout de même juste et informez-en votre partenaire. Faire perdre du temps aux gens n’est clairement pas une méthode pour bâtir une relation de confiance et pour être parfaitement honnête, c’est vraiment naze !

Ne vous rendez pas à votre première session sans plan de secours. Informez une personne proche de vos intentions. Dites-lui où vous allez, avec qui, et pourquoi. Je recommande que vous jouiez chez vous ou chez votre partenaire. Faites en sorte d’appeler votre proche dans une certaine plage horaire et informez-en votre partenaire au préalable. Il comprendra. Et si ce n’est pas le cas, oubliez-le.

Commencer une session.

Si vous vous entendez bien et que vous souhaitez vous revoir pour passer à l’action, planifiez comment vous voulez que ça commence également. Vous pouvez complètement vous rencontrer quelque part, regarder la TV et passer à l’action plus tard. Comme je l’ai déjà écrit dans “New slave – new work” (“Nouvel esclave – nouveau travail”), il est assez commun que des soumis, à cause de la nervosité et de l’anxiété d’être en face à face, aient des problèmes pour vraiment passer à l’état d’esclave et de soumission. Si la confiance avec votre partenaire est assez grande, commencer directement en tant que domi et soumis est recommandé. Cela aidera d’autant plus la situation si lors d’une rencontre précédente, vous avez convenu d’un scénario et d’une procédure qui vous rend tous les deux complètement excités.

Étape par étape et ne pas vous précipiter.

Vous n’avez pas à tout essayer dès le premier rendez-vous ! Donnez-vous du temps pour découvrir ce monde d’excitation. Vivez ce que vous aimez et procédez étape par étape. Parlez entre les scènes de temps en temps, ce que vous aimez, ce que vous aimez moins et ce que vous voulez mettre de côté. La communication est très importante dans le BDSM. Au début, lorsque vous ne vous connaissez pas très bien, tout passera verbalement. Plus vous vous connaîtrez mutuellement, plus vous obtiendrez et ferez passer l’information à un niveau non verbal.

Informez-vous avant d’essayer de nouvelles choses, comment les faire correctement et sans risque de blessure. Cette responsabilité se trouve davantage du côté du domi, ne pas entraîner le soumis vers de nouvelles découvertes sans aucune responsabilité. Et s’il vous plaît, gardez à l’esprit que le porno n’est pas éducatif. Ils ne montrent pas la longue et ennuyeuse préparation et les gars dans les films poussent des gémissements, même dans des situations où il n’y en a normalement pas.

Il y a des risques partout. Le simple fait d’enchaîner/restreindre quelqu’un de la mauvaise manière peut causer des dommages. Je suis conscient que le matériel et les jouets dans les Sex Shops coûtent cher. Oui, certaines choses peuvent être remplacées par des objets ménagers mais soyez prudents, le BDSM peut mal tourner. Et plus spécialement prudent avec les objets insérables dans différents orifices corporels. À ce moment-là, je vous recommande d’oublier les objets qui ne sont pas spécifiquement faits pour ça. Informez-vous bien sur les choses que vous comptez faire.

Les accidents peuvent arriver, mais vous vous devez de faire tout ce qui est possible pour les empêcher. Si quelque chose se passe mal, le cas échéant, rendez-vous chez le médecin et ne lui racontez pas d’histoires. Premièrement, il va très probablement s’en rendre compte, et deuxièmement, vous voulez qu’il vous aide de la manière la plus appropriée et le plus efficacement possible. Vous aurez certainement honte mais croyez-moi, il a déjà vu pire et un médecin est lié par le secret professionnel et le devoir de discrétion.

La responsabilité fait partie du BDSM.

Comme déjà dit, tous les partenaires de jeu portent la responsabilité de leurs actions. Je veux signaler pour tous les domis et maîtres qu’ils doivent être prêt à assumer la responsabilité pour le soumis également.

Gardez en tête que même le meilleur et le plus expérimenté des domis ne fait pas le poids face à la loi. Tout ce qui gravite autour de l’âge de consentement devient relatif par rapport à lui-même puisque par exemple, lors de bondage, vous effectuez une privation de liberté, et avec des fessés et coups de fouet, vous portez atteinte à l’intégrité physique d’une personne et pouvez même être tenu responsable d’agression. Ici encore je vais mentionner que dans le BDSM, pour tous les partis impliqués, cela doit être consensuel. D’ailleurs, dans la majorité des cas où l’intégrité physique est impliquée, l’âge de consentement est requis.

L’amusement comme plaisir.

Ok, après toutes ces choses sérieuses, passons au plus important dans tout ça : ce doit être amusant ! Le monde du BDSM et le fétichisme n’est pas pour tout le monde, mais quelqu’un qui ressent ce besoin intérieur va très rapidement se rendre compte à quel point c’est excitant, à quel point cela rend l’acte sexuel plus intense et riche et à quel point c’est amusant de le vivre avec la bonne personne.

Si vous ressentez ce besoin en vous, alors osez le vivre et ayez des expériences. Vous n’allez pas le regretter si vous vous y prenez correctement.

Je vous souhaite de formidables aventures et des mecs chauds avec qui passer de grands moments et de beaux souvenirs. Ce serait dommage de se sentir mal un jour et de se dire : Mince, si seulement j’avais osé…


Illustrations: Nicolas Brunet.

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