Traduit par Alexis Tivoli

Si vous surfez sur les réseaux sociaux fétichistes aujourd’hui, alors vous êtes sûr de tomber sur des minets et des jeunes habillés en lingerie dans différentes positions. Ils portent leurs sous-vêtements féminins ouvertement, fièrement. Ce qui montre un certain changement dans le niveau de confiance en soi et de visibilité des amateurs de féminité.

Pendant longtemps, ce fétichisme en particulier a été la proie de moqueries et n’était pas vraiment accepté par le monde fétichiste surdominé par le groupe cuir. Les sous-vêtements féminins étaient le genre de fétichisme que l’on vivait en cachette. Ils étaient souvent volés à une mère ou une sœur et portés une fois sur que l’on était seul. Les garçons qui aimaient jouer avec ce coté féminin étaient traités de tapette, de chochottes et autres noms, considérés seulement comme des demi-hommes, voire des demi-personnes, et bannis du cercle des vrais hommes. De plus, le lien était souvent fait entre ce fétichisme et la bisexualité, qui n’a jamais eu une place de choix dans le monde gay.

Mais les temps changent. Peu importe que vous trouviez la féminité sexy ou pas, c’est génial de voir que ce fétichisme gagne en visibilité et en acceptation de la part du reste de la communité. En effet, pourquoi serait-il sexy de porter du cuir ou du latex, de marcher à 4 pattes en chien, d’être un cochon SM, mais pas de porter des sous-vêtements féminins ? Le jugement et la gradation de valeur n’ont pas leur place dans le milieu fétichiste. Mais assez parler de tout ça, parlons du fétichisme en lui-même. Où se situe l’attrait pour ce genre de fétichisme ? Et bien, d’après ceux que nous avons pu interviewés, voici quelques raisons.

SubboyJJ: J’aime avoir un look féminin car ça me fait me sentir soumis, passif sexy prêt à recevoir des ordres et à me faire baiser.

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Visser: Je ne vois pas les choses en termes de féminin ou masculin, j’aime simplement me présenter d’une certaine apparence. Je crois vraiment que ce que la société appelle « féminin » à tendance à être plus créatif et beau et j’aime en faire parti.

F0reverUndeAd: C’est une pause par rapport aux normes de genre classiques et au fait de montrer que le genre est seulement une construction que nous avons créée basée sur ce à quoi devrait ressembler chaque sexe. Bien sur, je pourrais poster des photos de moi en boxers et caleçons dans des poses de minets habituelles mais ce que je poste est bien plus vivant.

Vixen: Je suis né avec un fort coté féminin et me suis toujours identifié davantage aux femmes, et porter du maquillage et des vêtements de fille me permet d’être sexy et vraiment moi ! J’aime le contraste de ressembler à un garçon mais d’être clairement féminin. J’aime exciter les hommes et faire jalouser les femmes, mais finalement c’est surtout et simplement qui je suis.

Les 3 garçons soulignent des aspects importants. Mais il y a également la lingerie masculine (ressemblant à la lingerie féminine) et ses amateurs. Nuance!

Sissybloke: Je ne vois pas ça comme un coté féminin, c’est ça le problème de la société. La société accepte la lingerie seulement pour les femmes. Je vois la lingerie comme un ornement, qui ne devrait pas être rattaché à des limites ou stéréotypes. Je ne vis pas mon coté féminin quand je porte de la lingerie, je vis mon vrai moi, naturel, très masculin et je continue à représenter tout ça en portant des sous-vêtements féminins.  

Naturellement j’ai rapidement reformulé ma question et lui ai demandé les raisons pour lesquels il portait des sous-vêtements féminins et pourquoi il aimait ça.

Sissybloke: Essayer ma première paire de bas en nylon à l’âge de 10 ans a été une révélation. Premièrement il y a eu l’effet du nylon sur mes jambes. La sensation est indescriptible. C’est si sensuel et stimulant. Ensuite est venu l’aspect visuel, en voyant mes fesses moulées par les porte jarretelles qui sont nécessaires pour tenir les bas et qui soulignaient mes fesses exposées. Les bas et porte jartelles sont assez inconfortables, la majorité des femmes préfèrent les collants pour leur facilité d’utilisation. Les bas et porte jartelles sont désormais plus un outil pour évoquer la luxure dans l’esprit des hommes, qui trouvent leur vue irrésistible et sexy. C’est ainsi que j’ai réalisé que mes fesses pouvaient donc être un stimulant sexuel pour certains males Alpha. Donc, pour moi, les bas et porte jartelles sont 3 choses : une sensation, un look et un pouvoir d’excitation sur les males qui voudraient m’utiliser.  

Certains comprendront par ma façon de poser mes questions que ce n’est pas l’un de mes fétichismes. Cela vient surement partiellement du fait que mes premiers pas dans le milieu fétichiste se sont faits auprès de vieux obèses portant d’horribles porte-jarretelles ne leur allant pas et essayant de me draguer. Pas vraiment les garçons qui me plaisaient à 20 ans, et pas spécialement mon délire. Les jeunes et mignons garçons au féminin qui les portent plus naturellement, qui ont le corps pour ce type de sous-vêtements n’étaient pas monnaie courante à l’époque. Je pense qu’Internet, ainsi que le shopping en ligne, ont permis d’offrir une meilleur et plus belle visibilité à ces garçons.

A cette époque, réalisant à peine que j’aimais le fétichisme, j’ai aussi eu un combat avec moi-même pour accepter ma propre « perversité ». Et la vision de ces garçons ne m’aidait pas vraiment, en étant presque irritants pour la version jeune de moi, qui devait par la suite devenir une personne plus ouverte d’esprit.  Mais je dois admettre qu’aujourd’hui un peu de féminité, chez un garçon soumis, m’excite assez.  

Est-ce que je retombe dans les vieux modèles de rapports hommes/femmes à travers cette pratique ? Je me sens irrité par ce genre de raisonnements, qui revient aux questions de certains hétéros du type « mais qui fait l’homme et qui fait la femme ? ». C’est comme demander à une personne asiatique laquelle des baguettes est le couteau et laquelle est la fourchette ?

Bien sûr, il y a encore une autre façon d’utiliser les sous-vêtements féminins, pas comme un objet de luxure féminine, mais comme un instrument d’humiliation, à travers laquelle un fort degré d’excitation peut exister aussi. Retour dans ma zone de confort donc, où le facteur humiliation peut jouer un rôle important pour motiver des mecs dans le SM pas forcément branchés par la lingerie féminine. Mais où se situe le sentiment d’humiliation avec la lingerie ? Posons la question !

Doofer: Bien sur l’humiliation est 100% liée à la soumission donc ça colle plutôt bien à mon rôle. J’ai clairement un lien avec mes années à l’école où l’on m’embêtait car je portais du rose, trainais avec des filles ou portais du vernis à ongles. Nous avions l’habitude de jouer à des jeux ou le perdant devait porter une robe ou du maquillage et je me rappelle très bien faire exprès de perdre. Ça colle aussi avec l’aspect ‘trainée’, jupes courtes, collants et d’être enfermé dans une cage de chasteté qui forcent à être passif et à montrer son cul. Ce qui est doublement excitant dans une pièce remplie de garçons habillés normalement. Je pense qu’il y a clairement une envie d’être vu et/ou embêté ; porter du rose, s’habiller léger est déjà fun tout seul mais pas autant que quand quelqu’un peut le voir. Surtout si l’on prétend me forcer à porter tout ça en punition.

Salisbury_subguy: C’est une chose assez taboo et qui va à l’encontre de ce qui est habituellement considéré comme la norme … même si ça semble devenir plus populaire aujourd’hui … ça m’aide aussi à mettre mon esprit en mode ‘soumis’ pour que je serve celui qui me force à porte cette lingerie, ces talons … et que je l’excite.

Je doute que ces deux-là portent de la lingerie seulement pour se faire humilier comme ils le disent, quand pensez-vous ?

Comme vous le savez surement déjà, les abréviations ou terminologies techniques ne sont pas seulement communes dans le monde militaire. Ça peut ressembler à une forme de grec assez étrange (ce qui est assez pratique quand on parle de fétichisme dans des lieux publiques). Mais il y a une règle que je veux mentionner avant de continuer : « Le monde du fétichisme ne connait aucune règle hormis celle du consentement ». C’est une règle assez importante, vous en conviendrez, mais si l’on va par-là, établir une définition du fétichisme s’avère donc assez compliqué. Et c’est pour cela que j’ai demandé des clarifications à nos interviewés.

Femboy

SubboyJJ: Ce sont des garçons qui ont des qualités féminines.

Vixen: Un garçon/un homme avec une attitude féminine et une apparence entre les genres.

Doofer: Un garçon qui porte des vêtements plutôt féminins, mais qui s’identifie toujours plus comme un garçon

Chochottes

SubboyJJ: Les chochottes sont des garçons qui veulent ressembler et agir comme des trainées.

Vixen: C’est un homme qui s’habille en femme pour une session fétichiste. Parfois utilisé pour l’humilier, très souvent pour le fétichiser

Doofer: C’est un terme pour embarrasser la personne, l’humilier

Les amateurs de lingerie

SubboyJJ: Les garçons sui portent de la lingerie sans être complètement féminins non plus.

Vixen: Une personne, homme ou femme, dont le trip consiste à fétichiser la lingerie. Ils adorent en porter, sentir le tissu contre leur peau et parfois le cacher sous leurs vêtements.

Doofer: Je n’en ai jamais entendu parler, mais je suppose que c’est quelqu’un qui apprécie la lingerie plus que le reste du vestiaire féminin.

Travestis

SubboyJJ: Les travestis sont des garçons qui s’habillent comme et essaient de passer pour des filles.

Vixen: Un homme ou une femme dont le fétichisme est de s’habiller comme le sexe opposé, ne prenant pas en compte sa propre sexualité. C’est une forme de tabou qu’ils explorent sans vraiment être transgenres.

Doofer: Travesti est une personne qui porte des vêtements que son genre ne porterait habituellement pas.

Certains penseront que les définitions sont similaires, mais pas vraiment identiques. C’est après tout assez difficile de mettre des mots sur des sentiments et des expériences.

Le truc avec les rôles d’hommes et de femmes m’énerve. Je ne semble pas être le seul qui a internalisé ces vieux modèles. Si vous regardez les besoins et souhaits de beaucoup de ces garçons qui laissent s’exprimer leur coté féminin, ils semblent être encore très enfermés dans cette ère patriarchale.

Commençons par mon exception d’abord : Si vous allez du côté des travestis, vous pouvez rencontrer beaucoup de divas, qui véhiculent beaucoup de confiance en elles. Mais comme les travestis se définissent moins via l’aspect sexuel on ne peut pas vraiment les définir comme une catégorie sexuelle, ils ont une place relative dans cet article.

Pour les autres mentionnés précédemment, et au grand damne des féministes, ils essaient de se représenter comme des salopes, prêtes à servir les ‘vrais males’ et à la recherche de leur satisfaction. Un peu comme le traitement réservé à certaines femmes musulmanes, la burka en moins sinon on ne pourrait pas voir les jolis sous-vêtements qu’ils ont.

C’est un peu comme une sorte d’anti-émancipation des rôles de genres, mais au moins le fétichisme s’émancipe, même si l’acceptation de ceux qui aime porter des vêtements féminins par les autres fétichistes reste à améliorer. Comme le dit si bien Sissybloke:

Sissybloke: Nous devons atteindre un niveau au sein de la communauté gay où un homme peut entrer dans n’importe quel club fétichiste cuir/latex/Sado masochisme/fist et se sentir libre de porter de la lingerie et être accepté comme tous les autres hommes.
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1989 | 183 cm |70 kg

1988 | 188 cm | 66 kg
Interview avec SubboyJJ
19xx | 172 cm | 48 kg
Interview avec Visser
1993 | 177 cm | 67 kg
1995 | 173 cm | 44 kg
Interview avec F0reverUnde4d
1973 | 179 cm | 72 kg
Interview avec Sissybloke

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